A retranscrire une couleur, évoquer une saveur, dépeindre chaque pigment qui compose une ambiance, on se perd dans de fastidieuses lignes descriptives, là où l'image nous percute avec violence. Sans détours, les clichés nous empoignent, agrippent nos sens. Il faut parfois se rendre à l'évidence, se taire et simplement regarder (Video). Malis l'a bien compris. Afin que le message soit clair, que la mélodie et les paroles atteignent une dimension plus forte encore, quel autre moyen que de magnifier l'ensemble de belles images aux teintes colorées ? Dans une atmosphère de pure G-Funk ensoleillée, Malis Green déboule au sein d'un registre South Cali G-Funk que l'on croyait épuisé à tout jamais. Grossière erreur puisqu'en 1996, sur "Team Alta Records" et distribué par "Navarre Corporation", ce dernier nous rappelle que les grosses basses des bitumes californiens ronflent toujours. Sous l'égide de Ace Roc, Malis nous gratifie ici d'un maxi de légende. Seuls travaux à ma connaissance, certains parlent déjà d'un supposé album résultant davantage des élucubrations et autres fantasmes de collectionneurs acharnés que nous sommes. Toujours est-il, que Malis affole nos esprits, fait naître d'irraisonnés espoirs. Sur huit pistes, on retrouve donc la version originale de "16 Switches", déclinée comme à l'accoutumée dans sa version longue puis instrumentale. On pourrait en parler des heures durant tant le titre est choquant. Tout y est. La production jouit d'un luxe rare, où les instruments nous délivrent une mélodie riche et harmonieuse. Les sifflets roucoulent, emmenés par un moog gras et détonnant. Le rythme fort et appuyé accompagne le flow articulé et tranchant de l'artiste soutenu par ses compères BG, Sherrod et Cassisyne que l'on retrouve à la production. Alors que l'on peine à se remettre du séisme G-Funk infligé, la version "Re-Mix Extended" nous achève littéralement. En tout point différente, cette seconde composition s'avère tout aussi percutante. Denise Wilridge vient introduire Malis, Quest et Deloc avec douceur sur cette nouvelle mouture. Plus G-Funk que jamais, dans un registre moins festif, davantage mélancolique mais tout aussi attractif, Trak, de l'écurie Team Alta, nous expose sa propre vision lors d'une réalisation impeccable, au parfum délicieux. Les deux autres versions (Club Mix & Re-Mix Club Version), un cran en dessous, apportent cependant une valeur ajoutée. Plus appuyées et incisives, elles développent un caractère plus rude aux accents "hoodesques" indéniables. La visualisation du clip musical signé Ace Roc et O'Dowd parachève le travail. Véritable cerise sur un gâteau déjà bien sucré, la réalisation de la vidéo nous plonge au c½ur d'un univers où les chromes des cadillacs brillent à nous aveugler. On se plait à balancer la tête au gré des virées sur le goudron brûlant.
Costar bleuté ou cuir épais, Malis ne ménage pas ses efforts. Se hissant directement au panthéon des seigneurs G-Funk, on regrette que la claque soit si brève. Comme à chaque fois lors de fugaces sorties locales, on éprouve un sentiment de frustration difficilement contrôlable. Quoique se repasser le titre encore et encore ainsi que son remix explosif, ne saurait nous lasser. Et pour une fois, la vidéo est là pour faire durer le plaisir, un moment encore...
~ Sharingan Masta ~
Note : 17,5/20 (Si on relativise en tant que maxi)
Disponibilité : Très difficile à se procurer.
OG Ring Code : B2384 AF 00012-2 70 *M1 S2







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